Énergie Rentable

Voiture électrique : 24 % des actifs l’envisagent, mais l’achat reste le premier frein

Conductrice près d'une voiture électrique branchée à une borne domestique, scène d'illustration

Un quart des actifs français envisageraient une voiture 100 % électrique s’ils changeaient de véhicule. La proportion atteint 24 % dans le baromètre Alphabet France-Ifop 2026, contre 17 % un an plus tôt. Le chiffre signale une évolution des intentions, pas une conversion immédiate du parc automobile : parmi les actifs qui vont travailler en voiture, 84 % conduisent encore un modèle thermique.

L’enquête a été menée en ligne du 22 au 26 juin 2026 auprès de 1 002 actifs majeurs, avec une représentativité recherchée par quotas. Publiée en septembre et reprise cette semaine par Automobile Propre, elle mesure des réponses à une hypothèse de renouvellement. Ni les immatriculations futures ni la décision d’achat de chaque personne interrogée ne peuvent en être déduites. Pour un foyer qui hésite, ses résultats éclairent surtout les obstacles à chiffrer avant de signer.

L’intention progresse plus vite que le parc roulant

Le baromètre distingue les motorisations électrifiées, qui comprennent aussi les hybrides, du tout électrique. Dans l’hypothèse d’un prochain changement de voiture, 60 % des actifs choisiraient un véhicule électrifié, contre 52 % en 2025. Le seul 100 % électrique recueille 24 % des intentions. Additionner ou confondre ces deux pourcentages donnerait une image trompeuse du marché : beaucoup de répondants pensent encore à l’hybride plutôt qu’à une voiture rechargeable sur prise.

Le contraste avec l’usage actuel est net. Parmi les personnes qui prennent la voiture pour se rendre au travail, les véhicules électriques et hybrides représentent ensemble 15 % des modèles utilisés, à peine plus que les 14 % relevés l’année précédente. Une intention ne renouvelle pas automatiquement un véhicule qui peut encore servir plusieurs années. La disponibilité d’un modèle adapté, le budget et la possibilité de recharge pèsent sur le calendrier réel.

L’étude montre aussi que le prix des carburants entre dans le raisonnement : 73 % des actifs disent que leurs variations les incitent à considérer le tout électrique. Ce n’est pas une prévision de prix à la pompe ni la preuve qu’une voiture électrique sera systématiquement moins chère dans chaque foyer. Les dépenses d’énergie se comparent sur un kilométrage donné, avec des tarifs réellement accessibles, et non sur le seul ressenti d’une hausse.

Le prix d’achat demeure la principale barrière

Parmi les conducteurs de véhicules thermiques interrogés, 63 % citent le coût d’acquisition comme frein au passage à l’électrique. L’autonomie suscite des réserves pour 40 % et le temps de recharge pour 42 %. Ces réponses peuvent se cumuler : un même conducteur peut craindre à la fois une mensualité élevée et une organisation de trajet moins souple. Elles ne disent pas que toutes les voitures électriques manquent d’autonomie, mais montrent quelles conditions doivent être vérifiées pour un usage précis.

Pour comparer honnêtement deux voitures, il faut dépasser le prix affiché. Un modèle électrique peut coûter davantage à l’achat et moins en énergie ou en entretien ; l’écart total dépend de la durée de détention, du kilométrage, de l’assurance, du financement, de la valeur de revente et des frais de recharge. Les aides éventuelles et leurs conditions doivent être vérifiées à la date du devis, sans les supposer acquises. Une occasion peut modifier le calcul, à condition de contrôler l’état de sa batterie et les garanties restantes.

La question de la recharge est tout aussi concrète. Une place privée avec prise ou borne adaptée ne produit pas le même coût ni la même simplicité qu’une dépendance presque totale aux bornes publiques. Le tarif d’une borne rapide peut rendre un trajet ponctuel pratique sans être le bon tarif pour l’ensemble des recharges de l’année. À l’inverse, acheter une borne à domicile représente une dépense initiale qu’il faut inclure dans la comparaison.

Un calcul personnel vaut mieux qu’un pourcentage national

Avant de choisir un modèle, relevez pendant quelques semaines vos trajets ordinaires, vos longues distances et la proportion de stationnements où la voiture pourrait charger. Confrontez ces données à l’autonomie utile du véhicule en tenant compte d’une marge pour le froid et l’autoroute. Le guide complet du véhicule électrique permet de passer de l’intention générale aux questions d’usage et d’achat.

Pour la dépense quotidienne, le simulateur de recharge aide à tester vos kilomètres et vos prix de l’électricité, que vous rechargiez surtout chez vous ou à l’extérieur. Comparez ensuite ce montant à votre dépense de carburant observée, sans oublier les autres postes. Le baromètre décrit un mouvement collectif réel ; la décision raisonnable reste celle qui tient dans votre budget et dans votre organisation de recharge.

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