Le prix moyen des projets solaires au sol retenus lors du dernier appel d’offres public est tombé à 61,33 €/MWh, soit 23 % de moins que lors de la période précédente. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a proposé de retenir 125 dossiers représentant 931,4 MWc. Le chiffre est marquant pour la filière, mais il faut bien comprendre de quoi il parle : ce n’est pas le prix payé par les particuliers, ni une nouvelle rémunération proposée aux propriétaires de panneaux sur leur maison.
Une forte concurrence entre projets solaires
La neuvième période de l’appel d’offres « PPE2 PV Sol » était destinée à des centrales photovoltaïques au sol. Selon la publication de la CRE, les dossiers déposés représentaient 5 358,7 MWc, pour un volume appelé de 925 MWc. La puissance proposée à la sélection atteint finalement 931,4 MWc. La pression concurrentielle est donc importante : plusieurs fois plus de capacités ont été présentées que le volume recherché.
Le prix moyen pondéré des projets retenus, 61,33 €/MWh, était de 79,48 €/MWh lors de la session précédente. La baisse traduit les prix proposés dans le cadre de cet appel d’offres et les conditions qui s’y appliquent. Elle ne signifie pas que toutes les centrales solaires produiront à ce coût, ni que tous les projets lauréats seront construits aux conditions initialement annoncées. Le financement, le raccordement, les taux d’intérêt, les équipements et les délais restent déterminants pour passer de la sélection à la mise en service.
Le « petit PV » affiche un prix moyen différent
La CRE publie également les résultats d’un appel d’offres distinct pour des installations de 100 à 500 kWc, sur bâtiments, ombrières ou au sol. Pour cette catégorie, 871 dossiers totalisant 288,3 MWc ont été proposés à la sélection, avec un prix moyen pondéré de 75,48 €/MWh. Ce niveau baisse de 15 % par rapport à la période précédente. La demande dépassait là aussi le volume recherché, avec 2 952 dossiers déposés.
Les deux résultats ne doivent pas être comparés comme s’il s’agissait d’une même technologie ou d’un tarif universel. Les projets au sol et les installations de taille intermédiaire n’ont pas le même profil, les mêmes coûts ni les mêmes conditions de candidature. Pour un particulier, ils donnent surtout une indication sur l’évolution des offres de producteurs professionnels soutenues par ces mécanismes. Une maison équipée de quelques kilowatts de panneaux n’est pas concernée par ces appels d’offres de la même manière.
61 €/MWh ne prédit pas votre facture solaire
Converti à l’unité, 61,33 €/MWh représente environ 6,1 centimes par kilowattheure. Cette équivalence arithmétique peut sembler proche d’un prix de rachat, mais elle ne rend pas les deux valeurs comparables. Le chiffre de l’appel d’offres porte sur des projets de production de grande taille et s’inscrit dans un cadre contractuel spécifique. Il ne comprend pas simplement les mêmes éléments que le prix facturé au consommateur, qui inclut notamment l’acheminement, la fourniture et les taxes.
Pour votre installation résidentielle, la rentabilité dépend d’abord de la quantité d’électricité consommée directement au moment où les panneaux produisent, du coût du système, de la production locale et du tarif auquel le surplus peut être valorisé. La baisse des prix proposés par les centrales professionnelles ne modifie pas automatiquement les conditions de votre contrat ni les aides accessibles aux particuliers. Pour estimer votre propre projet, le calculateur de rentabilité solaire et le guide des panneaux solaires pour la maison permettent de partir de vos consommations et de votre configuration.
La baisse observée est donc un signal de compétitivité pour les nouveaux projets de grande taille, mais aussi un indicateur à suivre pour les investisseurs et les pouvoirs publics. Pour les ménages, la leçon est plus mesurée : le coût de production des centrales et l’économie réalisée sur une toiture individuelle répondent à des calculs différents. Une décision d’équipement doit toujours s’appuyer sur des hypothèses de production, d’autoconsommation et de prix de rachat adaptées au logement.
