Les onduleurs et, de plus en plus, les batteries domestiques sont devenus des équipements “connectés”. Ils dialoguent avec des applications, des plateformes de suivi, parfois avec des services de pilotage à distance. Cette numérisation apporte des avantages (suivi de production, optimisation de l’autoconsommation, maintenance), mais elle ouvre aussi une question que le grand public néglige souvent : la cybersécurité. Une actualité européenne le rappelle : l’Union européenne durcit sa politique de financement concernant certains fournisseurs d’onduleurs et étend désormais la logique aux équipements liés au stockage par batteries.
D’après la source, la règle cible le financement via la Banque européenne d’investissement (BEI) : certains matériels provenant de fournisseurs jugés “à haut risque” ne seraient plus éligibles aux financements concernés. Et cette politique, déjà appliquée aux onduleurs, s’étend aux systèmes de conversion de puissance associés au stockage (PCS), un élément central des installations de batteries. Le point à retenir pour un particulier : ces décisions se prennent d’abord au niveau des gros projets, mais elles finissent souvent par influencer le marché grand public (disponibilité des marques, exigences de conformité, prix, et surtout critères de choix).
Onduleur et batterie : pourquoi la cybersécurité compte vraiment
Dans une installation photovoltaïque, l’onduleur est le “cerveau” : il convertit l’électricité produite en courant alternatif utilisable dans la maison, mesure les flux, et pilote parfois des fonctions avancées. Une batterie ajoute une couche de complexité : elle stocke, restitue, et s’interface avec des algorithmes de charge/décharge. Dans certains cas, l’ensemble peut être piloté à distance pour optimiser la consommation ou participer à des services réseau.
Le risque n’est pas seulement la fuite de données (habitudes de consommation, présence au domicile), mais aussi la prise de contrôle à distance, ou des mises à jour logicielles insuffisamment sécurisées. À l’échelle d’un foyer, l’impact peut être limité. À l’échelle de milliers d’équipements similaires, un incident peut devenir systémique : perturbation coordonnée, indisponibilité massive, ou perte de confiance dans la filière.
Ce que la décision européenne peut changer pour les particuliers
Il ne s’agit pas d’une interdiction générale de vente : la politique évoquée concerne des financements liés à des projets et à des milliards d’euros de prêts. Mais elle envoie un signal puissant : la chaîne d’approvisionnement et la “confiance” dans les fournisseurs deviennent des critères officiels, au même titre que la performance ou le prix.
Pour un foyer qui envisage une installation solaire, la conséquence la plus plausible est une montée en exigence sur :
- la transparence des mises à jour (fréquence, durée de support logiciel, procédure) ;
- les capacités de fonctionnement hors ligne (installation qui continue de marcher sans cloud) ;
- la qualité des accès distants (authentification forte, journalisation, droits limités) ;
- les certifications et audits de sécurité au fil du temps.
Conseils pratiques avant de signer un devis
Sans tomber dans la paranoïa, quelques questions simples peuvent éviter des surprises :
- Qui administre l’accès à distance ? L’installateur, le fabricant, vous, ou tout le monde ?
- Peut-on désactiver le cloud ? Et que perd-on (monitoring, garanties, mises à jour) ?
- Combien d’années de mises à jour sont garanties ? Un onduleur se garde longtemps.
- Les identifiants par défaut sont-ils changés à la mise en service ?
Au-delà de la sécurité, c’est aussi une question de pérennité : un fabricant qui maintient ses logiciels sur la durée limite le risque d’obsolescence. Et comme un projet photovoltaïque se raisonne en années, la fiabilité “informatique” rejoint la fiabilité électrique.
Rester focalisé sur l’essentiel : rentabilité et usage
Cette actualité ne doit pas masquer le cœur du sujet pour les particuliers : une installation se dimensionne d’abord selon votre consommation, votre toit, et vos objectifs (autoconsommation, revente, batterie ou non). Pour comprendre les grandes étapes et les points de vigilance, notre guide panneaux solaires maison pose les bases. Et si vous hésitez encore sur la taille et l’intérêt économique, vous pouvez tester des scénarios avec le calculateur de rentabilité solaire.
La cybersécurité s’ajoute désormais à la checklist, au même titre que les garanties ou la qualité de l’installateur. La bonne nouvelle, c’est que le sujet remonte dans les politiques publiques : plus les exigences sont explicites, plus le marché a des incitations à améliorer ses pratiques. Pour les ménages, le meilleur réflexe reste de choisir des solutions documentées, maintenues, et de demander noir sur blanc les conditions de support logiciel.