Énergie Rentable

Solaire mondial à 10 % : le stockage devient la clé pour réduire l’électricité fossile le soir

Champ de panneaux solaires avec batteries de stockage à proximité en fin d’après-midi

Le solaire vient de franchir un seuil symbolique à l’échelle mondiale. Au premier semestre 2026, les installations photovoltaïques ont représenté en moyenne 10 % de la production électrique totale, selon Ember. Trois ans plus tôt, sur la même période, cette part n’était encore que de 5,6 %. En volume, la production issue du solaire est passée de 769 TWh au premier semestre 2023 à 1 564 TWh en 2026. La progression est spectaculaire, d’autant que le solaire a augmenté sept fois plus vite que la production totale d’électricité sur les dix dernières années, soit une hausse moyenne de 27 % par an. Pourtant, cette réussite s’accompagne d’une limite très concrète: le solaire fournit beaucoup d’électricité quand le soleil brille, puis presque plus rien au moment où la demande du soir reste élevée.

Pour un particulier, cette actualité ne doit pas être lue comme un débat réservé aux grands réseaux. Elle éclaire au contraire le vrai défi des années qui viennent, en France comme ailleurs: mieux utiliser l’électricité solaire au bon moment. Sans cela, l’essor du photovoltaïque restera partiellement neutralisé par le maintien d’une production fossile dès la tombée de la nuit.

Le solaire progresse vite, mais il reste coincé dans la journée

Ember souligne que les panneaux solaires représentent 25 % du mix électrique mondial entre 11 heures et 14 heures, puis 0 % la nuit. Le phénomène est encore plus marqué dans les pays très équipés. Au Chili, le solaire couvre 71 % de l’électricité à midi, avant de retomber à 0 % dès 21 heures. En Allemagne, il atteint 55 % autour de midi. Ces chiffres montrent que la question n’est plus seulement de produire davantage. Elle consiste désormais à déplacer une partie de cette énergie dans le temps.

Pour les ménages, c’est une logique facile à comprendre. La majorité d’entre vous consomme davantage en début de soirée qu’en plein milieu de journée, surtout en semaine. Sans pilotage des usages ou sans batterie, une partie de la production solaire est donc valorisée moins efficacement. C’est aussi pour cela que la réflexion sur l’autoconsommation ne peut plus se limiter au nombre de panneaux installés sur le toit. Elle doit intégrer la façon dont vous consommez, stockez ou déplacez certains usages électriques.

Le stockage devient le maillon décisif

C’est la principale leçon de cette nouvelle étape mondiale. D’après Ember, la consommation d’énergie fossile pour produire de l’électricité la nuit a peu baissé ces dernières années malgré la forte poussée du solaire. En clair, le problème n’est pas l’absence d’électricité solaire en valeur absolue, mais son déséquilibre horaire. Le stockage par batteries apparaît donc comme la pièce qui manque pour faire réellement reculer les centrales fossiles sur les heures du soir.

Deux pays sont cités comme particulièrement avancés sur ce terrain: le Chili et la Bulgarie. En 2025, ils ont installé l’équivalent de 75 % de la puissance de leurs nouvelles centrales solaires en capacité de stockage. Ce développement permet déjà de décaler une partie de la production photovoltaïque entre 19 heures et 23 heures. Le signal est fort: plus la part du solaire augmente, plus la valeur d’un kilowattheure stocké au bon moment devient stratégique. Pour un foyer équipé ou en réflexion, ce constat rejoint directement les outils de calcul d’autoconsommation et de stockage.

Ce que ce signal mondial change pour votre maison

À l’échelle d’un logement, la logique est la même, avec des proportions différentes. Si vous produisez en milieu de journée alors que la maison est peu occupée, l’intérêt économique dépend de votre capacité à consommer sur place, à programmer certains usages ou à stocker une partie de l’énergie. C’est là que notre outil de calcul solaire ou le simulateur d’installation solaire prennent tout leur sens: ils permettent de passer d’un discours général sur la transition énergétique à un scénario adapté à votre profil.

Cette nouvelle séquence mondiale ne signifie pas qu’il faut tous acheter une batterie immédiatement. Elle montre plutôt que la valeur d’une installation solaire se jouera de plus en plus sur l’usage réel de l’électricité produite. Le cap des 10 % est une excellente nouvelle pour la transition énergétique. Mais le chiffre le plus important, pour les années qui viennent, sera peut-être moins la part du solaire à midi que la part de cette énergie encore disponible chez vous à 20 heures, quand le réseau en a le plus besoin et que vos appareils tournent encore.

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